Cœur artificiel : promesse ou utopie ?

SANTÉ/Deux grands noms de la chirurgie cardiaque sont intervenus sur les ondes d’Europe 1 le 10 avril : le professeur Alain Deloche et le professeur Gilles Dreyfus, bien connu en principauté puisqu’il est le directeur médical du centre cardio-thoracique de Monaco. Ces deux spécialistes étaient les invités du Club de la presse pour présenter le livre qu’ils ont co-signé Cœur éternel: promesse ou utopie, publié chez Michel Lafon. Un ouvrage retraçant toutes les péripéties du cœur artificiel depuis plus de 40 ans. Si le premier patient à avoir reçu un cœur artificiel de la société française Carmat a succombé 74 jours plus tard, le deuxième patient, lui, « va très bien », ont assuré les spécialistes. « Deux essais ne suffisent pas pour valider une technique, mais on est étonnés de constater l’état du deuxième patient qui pratique même de la bicyclette et qui, mentalement, est extraordinairement dynamique et serein », a indiqué Alain Deloche. Alors, promesse ou utopie pour des milliers de malades du cœur ? « On s’éloigne de l’utopie et on se rapproche de la promesse, a résumé Alain Deloche. Les pas qui ont été franchis en 30 ans sont déjà inimaginables. » Seul bémol : ce cœur artificiel qui pèse 900 grammes — soit le triple du poids d’un cœur humain – possède des batteries externes. « A l’heure actuelle, ce cœur artificiel doit être relié à une source d’énergie externe. Pour arriver à faire une machine implantée de façon totalement autonome, avec une énergie interne, c’est un pas de géant. Mais on en est encore très loin… » a nuancé Gilles Dreyfus.