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CIGM : le big brother
de la circulation

STRATEGIQUE/C’est à Fontvieille, au Centre intégré de la gestion de la mobilité, que le trafic sur les routes et dans les tunnels monégasques est régulé, surveillé et sécurisé. Un casse-tête quotidien pour les 19 hommes qui chapeautent le dispositif 24h/24 et 7 jours/7.

 

C’est au 24 rue du Gabian, à l’abri des regards, que se situe le CIGM… Dans cette salle très discrète, pas une seule fenêtre ne donne sur l’extérieur. Le personnel — 100 % masculin — a néanmoins une vue imprenable sur tous les coins et recoins de Monaco. Grâce aux 600 caméras de la sûreté publique installées en ville, 19 employés assurent 24h/24 et 7J/7 la surveillance et la sécurisation du trafic sur les routes monégasques. Rues, boulevards, voies semi-piétonnes, ou tunnels… les caméras et les hommes du CIGM ont les yeux partout. « Nous n’intervenons pas sur le terrain. Le CIGM est un centre de lancement d’alerte. Nous disposons d’un système informatique qui analyse en permanence les images vidéos. Dès qu’il y a une situation anormale — un incident dans un tunnel par exemple, ou un véhicule arrêté — une alarme est directement envoyée au centre. Nous pouvons alors prévenir les équipes qui doivent intervenir sur le terrain », explique Stéphane Porcu, chef de bureau et responsable d’exploitation. Le maître-mot pour cette équipe qui n’était composée que de quatre hommes en 1993 ? La réactivité. « Nous gérons en temps réel toutes les problématiques de déplacements. » Y compris les problématiques qui touchent aux piétons. Pour la petite anecdote, environ 1 000 personnes par an traversent — ou tentent de traverser — des tunnels. En particulier celui qui mène du port Hercule à Fontvieille. Problème : l’accès aux piétons est formellement interdit. Des aléas susceptibles de provoquer des drames humains si les hommes du CIGM ne sont pas réactifs.

Gestion des chantiers

Une cellule du CIGM — composée de trois hommes — a aussi une autre mission délicate : réorganiser les flux de circulation en fonction des nombreux chantiers publics et privés en cours à Monaco. Autant dire que la tâche est complexe. « Il y a plusieurs dizaines de chantiers actuellement en Principauté qui sont toujours en évolution. Les emprises ne sont jamais les mêmes. Nous sommes donc obligés de nous adapter en permanence. D’un côté, aux demandes des entrepreneurs, de l’autre, aux demandes du gouvernement qui souhaite une réduction des nuisances pour la population. C’est assez complexe à gérer. C’est un savant dosage entre le fait de ne pas trop perturber l’activité économique, et la minimisation des nuisances pour les résidents », explique Denis Lantermino, chef de bureau. Parfois, le CIGM demande ainsi aux entreprises de réduire leur zone de chantier pour amoindrir l’impact sur la circulation. Exemple concret : le centre s’est battu pour que l’avenue Pasteur située à proximité du CHPG ne soit pas fermée à la circulation. « L’entreprise en charge des travaux du nouvel hôpital a accepté et compris. Mais les retards de construction sont en partie liés à cela », souligne Gilles Cellario, directeur adjoint à l’aménagement urbain. Cerise sur le bitume : le CIGM doit parallèlement gérer les demandes des particuliers. Ceux qui, par exemple, doivent déménager, et donc utiliser une portion de la voie publique. « Ces demandes spécifiques sont très nombreuses. Nous traitons environ 5 000 dossiers par an », précise Denis Lantermino. A Monaco, la gestion de la circulation est donc un vrai casse-tête. Et mieux vaut faire preuve de créativité : « Le territoire monégasque est tellement contraint que nous sommes parfois obligés d’imaginer des schémas de circulation fous pour trouver une solution… »

_Sabrina Bonarrigo.

 

INFO/

L’état du trafic sur les ondes de Radio Monaco

Si vous voulez savoir si la circulation à Monaco est fluide, dense ou saturée, branchez-vous sur Radio Monaco (95.4). Cette station monégasque et le CIGM ont noué au mois d’octobre dernier un partenariat. Chaque jour, de 6h à 9h et de 16h et 19h, un journaliste de cette radio se met en lien avec les opérateurs du CIGM. Objectif : livrer sur les ondes l’état de la circulation en temps réel dans Monaco intra-muros et aux abords de la Principauté. Notamment entre l’A500 et le centre-ville. Autre mission de ce partenariat : proposer des alternatives de déplacement pour éviter les zones saturées. Pour dénicher des infos sur l’état de la circulation à Monaco, vous pouvez aussi vous rendre sur le site Internet infochantiers.mc qui recense l’ensemble des chantiers, évènements et perturbations, en cours et à venir, ou sur infotrafic.mc. _ S.B.

PANNEAUX D’AFFICHAGE/

Temps de parcours : « C’est vraiment fiable »

Pour évaluer si vous allez être un peu, beaucoup, ou très en retard à votre travail, un moyen — apparemment — efficace a été mis en place pour le mesurer. Plusieurs panneaux d’affichage indiquant les temps de parcours pour aller d’un point A à un point B ont été installés sur l’autoroute A500, la RM 6007 et au sein même de la Principauté. Ces panneaux d’information à message variable permettent ainsi à un automobiliste d’estimer son heure d’arrivée, dans les deux sens de circulation. Au total, huit capteurs ont été installés sur des points stratégiques, entre l’autoroute A8 et le centre de Monaco. « Ces appareils captent les signaux bluetooth des automobilistes en train de circuler. C’est vraiment fiable. Je le vérifie moi-même tous les jours en venant au travail », assure Stéphane Porcu du CIGM. Bien sûr, ces panneaux n’ont aucun effet magique pour fluidifier le trafic. En revanche, il semblerait que connaître précisément un temps de parcours permet psychologiquement aux automobilistes de mieux accepter d’être coincés dans les embouteillages… Merci Vinci ! _ S.B.
(1) Dispositif lancé par la direction de l’aménagement urbain (DAU), Vinci autoroutes et la Métropole Nice Cote d’Azur.