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Ces entreprises
monégasques qui innovent

RENCONTRES/Jeunes pousses ou profils plus matures, ces sociétés ont pour point commun de s’être lancées dans l’innovation. Focus.

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Weezago, le digital media made in Monaco

Vous avez déjà vu dans des pharmacies ou des magasins NYX des écrans diffusant produits de maquillage ou crèmes pour le jour ou faisant remonter le mur Instagram de marques ? Vous avez alors peut-être été en contact avec la solution digitale proposée par Weezago. Cet éditeur monégasque de logiciels spécialisé dans le Digital Signage (affichage dynamique) est née en 2008. Après s’être attaqué au marché pharmaceutique, friand du digital media, les 6 fondateurs associés — dont un Monégasque, Eric Poullain —, ont changé de cible. Au moment où Samsung sort une nouvelle technologie en 2014 pour sa gamme d’écrans, Weezago saisit la balle au bond et signe un partenariat avec le mastodonte asiatique. Les écrans Samsung intègrent alors un player permettant la diffusion des programmes et le monitoring à distance de l’écran via un simple raccordement au réseau Internet. Via Samsung, Weezago rencontre L’Oréal et sa marque NYX. « C’est allé très vite. Nous pilotons plus de 2000 écrans connectés en Europe, dans 28 langues, chez NYX et ça continue. Nous avons attaqué le Moyen-Orient, le Qatar, Dubaï… On travaille sur le serveur web Amazon Cloud permettant de délivrer des contenus à l’international. Même en Chine ! » explique l’un des associés fondateurs et responsable des opérations Stéphane Gras. Parmi ses autres clients, Weezago compte désormais la boutique L’Oréal Paris, Clarins et Chausséa…

Attaquer le marché des petits commerçants

Cette société, dont la SACDE (1) est actionnaire à 15 %, a également installé sa solution digitale chez des acteurs publiques, offices de tourisme (Roquebrune-Cap-Martin) ou musées (musée du vélo à Tours). A l’aube de son 10ème anniversaire, Weezago veut franchir un cap. « A brève échéance, nous souhaitons aussi piloter des écrans grand public afin d’avoir plus de débouchés. Demain, on pourra ainsi proposer notre solution à de tout petit commerçant. 2018 sera une année charnière. » En croissance, Weezago, dont les bureaux sont à Fontvieille, affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de 600 000 euros. « Notre force est que l’écran se paramètre quasiment tout seul. Nous n’avons pas besoin de grosse structures. ». A titre de comparaison, le concurrent historique de Weezago emploie 600 salariés.

(1) Le gouvernement monégasque est actionnaire à 100 % dans une société de capital risque, dénommée la Société d’aide à la création et au développement d’entreprise (SACDE), qui a pour vocation de soutenir les sociétés monégasques innovantes.

 

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WingR, le Tinder du monde pro

Le principe de WingR est simple : c’est le Tinder des relations professionnelles. Cette application lancée en 2016 a été développée par Samuel Benichou, dont la start-up est basée à Fontvieille. L’idée est née au retour d’un salon dédié à la technologie, le Web Summit. L’entrepreneur avait réalisé qu’il n’avait pas touché de contacts intéressants malgré la présence de milliers de participants et donc de collaborateurs, partenaires, ou investisseurs potentiels… Lors de ces événements pro — mais aussi dans la rue ou à n’importe quelle occasion —, WingR permet désormais de déclencher ces rencontres. Il suffit juste de remplir son profil, puis tchatter avec les autres membres du réseau. Application officielle de Planète PME à Paris en 2016, WingR était également partenaire de Monaco Business, le rendez-vous B2B des entrepreneurs monégasques et des start-up en création. Récemment, Samuel Benichou a lancé des services B to B d’optimisation et création de contenus favorisant la visibilité de ses clients sur les réseaux sociaux et Internet. « Cela ouvre des perspectives exceptionnelles pour les entreprises afin de non seulement optimiser leur présence digitale mais aussi et surtout d’identifier tous les influenceurs sur tous les nouveaux segments de clientèles pour accompagner la croissance de leurs activités », explique le dirigeant de la start-up.

 

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BirdEyeCam et ses drones glamour

En 2011, Jonathan Rit avait remporté le concours de création d’entreprise de la JCEM pour son projet BirdEyeCam. Depuis l’oiseau a déployé ses ailes. Rachetée par Karim Landais, cette société monégasque est spécialisée dans la gestion de travaux aériens téléguidés et filmés depuis le ciel avec un drone. « Le plus gros marché reste le BTP avec le besoin de topographie et de prises de vues aériennes. Mais désormais, nous filmons aussi pour des séries, des publicités ou des court-métrages », explique Karim Landais. Partenaire exclusif du Festival TV de Monte-Carlo, les drones de BirdEyeCam ont ainsi récemment tourné deux épisodes du soap opera Amour Gloire et Beauté sur Monaco. « La production nous a donné carte blanche », explique le jeune directeur de la société monégasque. Ils ont aussi permis les prises de vue aériennes de Deep, la web série de 10 épisodes de 10 minutes avec l’apnéiste monégasque Pierre Frolla, disponible uniquement via l’application pour Smartphones Studio+.  Mais aussi du documentaire Belmondo par Belmondo.

 

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Planet of Finance lance le premier “passeport financier”

Alors qu’il était encore chez Lombard Odier à Genève — un groupe qui gère tout de même 100 milliards d’euros de clients privés et 100 milliards d’institutionnels —, le Suisse Olivier Collombin avait déjà dressé un constat peu reluisant de l’industrie financière. « Les particuliers ont globalement une opinion dégradée des professionnels de la banque. Ce n’était pas le grand amour avant la crise de 2008 et les scandales comme Madoff. C’est un désamour total aujourd’hui… » Surtout avec des conditions tarifaires en hausse alors que les prestations, elles, sont en baisse chez les professionnels de “vieille finance” que sont les banques. Pour Olivier Collombin, la crise de 2008 était propice aux mutations de l’industrie financière mais aucun acteur n’avait bousculé le secteur, « les Fintech, qui inventent des mécanismes robotisés pour simplifier la vie des clients, pesant à peine 1 % de la fortune mondiale » par exemple. C’est pourquoi Olivier Collombin a souhaité créer en 2009 Emerging un “Meetic des gérants de fortune indépendants” de Lombard Odier, élargi très vite à tous les professionnels de la finance. L’objectif étant que les acteurs de la gestion de fortune se rencontrent en ligne.

Comme un permis de conduire

Depuis, Olivier Collombin, qui a quitté Genève et la banque Lombard Odier, a rebaptisé Emerging en Planet of Finance, qu’il a implanté à Monaco. Le site de rencontre s’est transformé en véritable Facebook de la finance, recensant plus de 1 200 membres qui gèrent 2,7 trillions de dollars, dans 70 pays. Et ce avec une équipe de 15 personnes à Monaco, 20 collaborateurs offshore (notamment pour la R&D) et 10 représentants locaux. « Planet of Finance crée désormais un lien entre les start-up qui n’ont pas de réseau et les acteurs de la finance traditionnelle », juge le dirigeant, qui souhaite voir sa communauté en ligne de privés et de professionnels peser 10 trillions de dollars en 2020. Le réseau social s’est ouvert au grand public et propose certains services comme la “pitch room”, à savoir un espace où les particuliers peuvent demander gratuitement un devis aux professionnels membres du réseau pour gérer leur patrimoine. Mais Olivier Collombin ne compte pas s’arrêter là.

En septembre, la plateforme lancera, depuis Monaco, le tout premier passeport financier destiné aux particuliers. Le principe ? Chaque client, qui se prêtera volontairement à l’exercice, se verra accorder une note sur la licéité de la constitution de son patrimoine et sur sa transparence financière, en fonction de standards internationaux. « Ce qui pollue aujourd’hui la relation entre le professionnel de la finance et le particulier, c’est le process de compliance et due diligence. L’intérêt avec ce passeport financier, c’est comme si vous passiez le permis de conduire, vous le faîtes une bonne fois pour toutes… »

 

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Work Cocoon, une application pour booster le télétravail

A 33 ans, Nicolas Delorme a déjà bien roulé sa bosse. Parti en Suisse et à Singapour pour travailler dans le groupe bancaire Lombard Odier pendant dix ans, le jeune Monégasque est revenu en 2015 à Monaco pour y implanter la plateforme financière Planet of Finance avec Olivier Collombin. Mais une autre idée a fait son chemin : développer un outil informatique complet pour les entreprises à l’heure où le télétravail vient d’être encadré par la loi en principauté. « Le constat est simple : si tout le monde peut travailler un jour par semaine en télétravail, on gagnerait 20 % sur le trafic des pendulaires et on réduirait d’autant notre empreinte carbone. Les entreprises gagnent également 20 % de place », note Nicolas Delorme, conscient des barrières psychologiques existant chez les managers ou dirigeants d’entreprises de la place pour laisser leurs salariés travailler à domicile. « A nous de proposer un outil technologique optimal qui fasse tomber ces craintes… » Work Cocoon lance en septembre une application offrant à la fois un module de communication vidéo et de tchat (« les vidéoconférences pourront avoir lieu à 7 et bientôt à 12 »), un suivi de projet et un outil de gestion du temps de travail. « Le pilotage s’opère tout simplement sur une tablette », explique Nicolas Delorme qui vise aujourd’hui les marchés monégasque et genevois. « Ces deux villes sont des marchés cibles qui permettent de tester notre business model. »

 

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BookVideo, le menu sur tablette

Lauréats de la Jeune chambre économique de Monaco en 2014, les Belges Maxime Demoitelle et Mehdi Bissar — venus tenter leur chance grâce au résident Thomas Peeters — ont lancé leur concept de menu digital. Une solution innovante destinée aux restaurants, bars, clubs ou hôtels présentée sous la forme d’une tablette enveloppée d’un packaging cartonné. A la différence d’un traditionnel support papier, cette carte high tech et multilingue permet aux restaurateurs de mettre à jour leurs plats à volonté ou encore d’informer les clients sur leur teneur diététique. C’est aussi une arme pour développer un concept publicitaire novateur : « Monaco est une plateforme où il y a plusieurs événements. Ce menu, qui peut intégrer des informations sur l’événementiel de la région, a un intérêt énorme pour des annonceurs. Par ailleurs, les marques de boisson peuvent proposer des promotions ou des cocktails sur cette tablette », explique Maxime Demoitelle. Présent à Monaco, Bruxelles, Courchevel et même à Tokyo, BookVideo, qui a lancé sa stratégie publicitaire il y à peine deux mois, a déjà séduit une soixantaine de clients. A commencer par le Stars’N’Bars, L’Avenue 31, Les 3 Tapas ou encore le Jack. « Nous allons proposer notre solution digitale à tous les restaurateurs de Monaco », ajoute Maxime Demoitelle.

 

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écrit par Milena