Photo centre de gérontologie clinique Rainier III

Centre Rainier III : c’est parti !

© Photo L'Obs'

SANTÉ / Le centre de gérontologie clinique Rainier III a ouvert le 12 février. Destiné aux personnes âgées et aux malades d’Alzheimer, cet établissement médicalisé dirigé par Laure Santori propose 210 chambres individuelles.

213,1 millions d’euros. C’est le coût du centre de gérontologie clinique Rainier III (CRIII) qui a ouvert ses portes le 12 février. Entièrement dédié aux personnes âgées et aux malades d’Alzheimer, cet établissement de 22 400 m2 répartis sur 10 niveaux est situé à proximité du centre hospitalier princesse Grace (CHPG). Un établissement qui constitue, selon le ministre d’Etat Michel Roger, « une pièce maîtresse » dans le projet gérontologique mis en place « depuis maintenant 10 ans » par le gouvernement.

« Outil »
« La filière gériatrique est désormais assurée dans sa totalité. De l’hospitalisation à domicile, à la prise en charge des plus dépendants. » Le CRIII vient donc compléter une offre gériatrique déjà très riche à Monaco, avec le centre de coordination gérontologique, le centre Speranza Albert 1er, le Cap fleuri et la résidence A Qietüdine. « A Monaco, les personnes âgées de plus de 65 ans représentent 27 % de la population. Une proportion nettement plus importante que dans les Alpes-Maritimes. Il fallait donc envisager un outil plus important proportionnellement, explique le professeur Alain Pesce, responsable de la filière gériatrique. Cet établissement offrira ainsi une prise en charge globale des polypathologies. Mais aussi d’autres problématiques, comme l’isolement social, la fragilité et la perte d’autonomie. »

Défi
Confié à deux architectes monégasques, Daniel et Patrick Raymond, et à des entreprises de construction « presque uniquement monégasques », selon le conseiller aux affaires sanitaires et sociales Stéphane Valeri, ce bâtiment a demandé presque 9 ans de travaux. « Le chantier a commencé en 2004. C’était un véritable défi architectural et technique de le construire à cet emplacement. Car c’est un terrain très difficile. Il a dû être entièrement remanié pour le rendre constructible. Les travaux de terrassement ont duré à eux seuls plus de 4 ans », ajoute le conseiller pour l’équipement, Marie-Pierre Gramaglia.
Raison pour laquelle aucun parking n’a pu être construit. Un problème de taille pointé du doigt à plusieurs reprises par les élus du conseil national dénonçant, notamment, un manque d’anticipation. Il faut dire que le CRIII emploiera, à terme, 384 équivalents temps pleins. Au total 255 emplois seront créés. Sans compter les visiteurs qui viendront sur place. Du coup, le gouvernement a dû chercher des solutions ailleurs.

Navettes
Un véritable casse-tête, « difficile à organiser », avoue d’ailleurs le gouvernement. C’est donc dans d’autres parkings de la ville que des places ont été réquisitionnées. Notamment Bosio, Lou Clapas, Tamaris, la Colle, le Stade Louis II ou encore le parking de la ZAC Saint-Antoine, opérationnel entre mars et avril.
En parallèle, le gouvernement a prévu un système de navettes assurant des liaisons régulières toutes les 7 minutes. A noter aussi que 108 salariés du CHPG ont été contraints de céder leur propre place de parking. Objectif : laisser des places aux visiteurs du CRIII et du CHPG. Les salariés concernés, du personnel administratif et des agents logistiques pour la plupart, n’ont pas pour autant perdu leur place de parking. En attendant la livraison définitive de la ZAC Saint-Antoine, tous ont été relogés provisoirement dans des parkings plus lointains : la Colle et le Stade Louis II. Sauf que ces mesures ont suscité la colère des syndicats hospitaliers qui n’ont pas hésité à lancer une pétition le 8 février et à distribuer des tracts au sein de l’établissement. « Les salariés ont brutalement été mis devant le fait accompli et n’ont été avertis par courrier qu’une dizaine de jours seulement avant l’ouverture du CRIII », déplorent-ils, avant de dénoncer « une perte d’acquis » et des temps de transports allongés de 20 à 30 minutes. « Alors que nos trajets à la base sont déjà très longs. » Les syndicats craignent aussi une deuxième vague de déplacements. Même si le gouvernement s’est dit conscient des perturbations générées, Stéphane Valeri a toutefois rappelé que « nous restons malgré tout un des très rares centres hospitaliers en Europe à garantir une place de parking à tout le personnel à quelques minutes du lieu de travail. »

210
Dirigé par Laure Santori, le CRIII offrira ainsi 7 unités d’hospitalisation, un plateau de consultation, un centre mémoire, une unité de recherche clinique, trois salles de kinésithérapie, un cabinet de consultation dentaire et de consultation ophtalmologique.
Mais aussi 210 chambres individuelles d’une superficie moyenne de 22 m2, avec salle de bain. 30 chambres pour le court séjour gériatrique, 120 chambres pour des soins « longue durée » destinées aux patients souffrant d’une perte d’autonomie lourde (1). 30 chambres seront également réservées aux malades d’Alzheimer. 30 autres seront destinées aux « soins de suite et à la réadaptation gériatrique. » Des lits transitoires pour des patients, qui, après une hospitalisation, « sont en voie de guérison, mais pas complètement aptes à rentrer à leur domicile », précise Stéphane Valeri.
Mais le CRIII est aussi un véritable lieu de vie pour les aînés, puisqu’une chapelle, une boutique, une salle d’activités récréatives et même un salon de coiffure ont été prévus.
A noter enfin que l’établissement sera inauguré par le prince le 25 février et que depuis le 12 février, le site internet gouvernemental www.monacochannel.mc propose une chaîne entièrement dédiée à la santé.
_Sabrina Bonarrigo

(1) Le court séjour gériatrique est accessible à tous les assurés sociaux des caisses monégasques. En revanche, les unités de soins de longue durée sont uniquement accessibles aux personnes qui habitent à Monaco ayant au moins 5 ans de résidence. Les tarifs complets sont à consulter sur le site du journal officiel de Monaco (publication du 18 janvier 2013).