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Ça urge !

ENVIRONNEMENT/Depuis le début de son règne, le prince Albert défend ses positions pro-environnementales. Il pointe les urgences. Et les carences.

Aires marines protégées : une nécessité

Selon une étude récente du Fonds mondial pour la nature (WWF), les populations d’animaux marins observées (soit 5 829 populations appartenant à 1 234 espèces) ont diminué de moitié depuis 1970. Or seulement 3,4 % de l’océan est placé sous protection. Depuis des années, Albert II milite pour le développement des aires marines protégées. Sa fondation en a d’ailleurs financé une au Cambodge. « C’est une très bonne solution pour la protection des espèces et les populations qui disposeront de davantage de ressources à l’avenir », insiste le chef de l’Etat.

 

Le plastique, c’est dramatique

Chaque année, entre 10 et 20 millions de tonnes de déchets en tous genres sont déversés dans les océans, dont une grande majorité de matières plastiques. Selon les dernières estimations publiées en décembre 2014 dans la revue Plos One, plus de 5 000 milliards de particules de plastiques de toutes tailles pollueraient l’ensemble des mers. « Il faudra s’attaquer à ce problème énorme et effroyable avant qu’il ne soit trop tard. Il affecte les espèces marines mais nous également car il rentre dans notre chaîne alimentaire… » tonne Albert II.

 

Exilés climatiques : un statut, vite !

En octobre, le prince Albert s’est rendu, à l’invitation du président Tong, dans les îles Kiribati qui sont en première ligne en cas de hausse des mers. « La Principauté de Monaco est sensibilisée à la problématique des personnes déplacées du fait de catastrophes naturelles quelles qu’elles soient à travers sa participation au “groupe des amis de l’initiative Nansen” qu’elle a rejoint en 2014 », explique le chef de l’Etat. Cette démarche, “l’initiative Nansen”, du nom de l’explorateur et diplomate norvégien, premier haut-commissaire aux réfugiés, a été lancée par les gouvernements de la Suisse et de la Norvège en 2012 autour d’un comité de pilotage constitué de pays intéressés. « Il s’agit, à ce stade, d’un guide de bonnes pratiques ayant valeur de recommandations qui présente un plan d’actions dont la protection des personnes déplacées dans le pays d’accueil pour prendre en compte leur vulnérabilité, la notion de “réinstallation dans la dignité” y étant prônée », poursuit-il. Ce plan d’actions découlera-t-il sur un statut juridique ? Wait and see. « Son suivi institutionnel est en cours » note le prince. Il y a en tout cas urgence. Selon les experts, chaque année, 26 millions de personnes deviennent des réfugiés climatiques. Soit une personne chaque seconde…

 

Incinération ou méthanisation ?

Obsolète, l’incinérateur de Fontvieille doit faire peau neuve. Le conseiller de gouvernement Marie-Pierre Gramaglia a annoncé l’imminence du lancement d’un appel d’offres pour une usine de valorisation des déchets. Indiquant qu’il « ne s’agira pas forcément d’une usine d’incinération ». Interrogé à ce sujet, le prince s’est montré ouvert à d’autres hypothèses. Mais sans trancher pour autant pour une alternative en particulier. « La réflexion sur l’évolution de l’usine de traitement des déchets est lancée dans la perspective de trouver la meilleure solution pour la Principauté », a-t-il juste glissé.

 

FPA2 : plus d’humain

Alors que la Fondation prince Albert II (FPA2) fêtera ses 10 ans en 2016, c’est l’heure du bilan. Positif selon le chef de l’Etat : « Nous avons déjà lancé et participé à 350 projets. Et nous allons continuer dans cette voie. Beaucoup de projets emblématiques ont concerné la biodiversité comme la protection du thon rouge, des gypaètes et de phoques moine. » Une réorientation est néanmoins prévue : « Nous mettrons, à l’avenir, l’accent sur les problèmes de gestion de l’eau, car il y aura des besoins encore plus importants dans certaines zones du monde. L’idée est de replacer l’humain au centre des préoccupations. »

_Milena Radoman

écrit par Milena