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Burnout : une maladie professionnelle

SANTÉ/Après deux articles scientifiques sur le burnout publié dans des revues internationales, Mélanie Emile et Jérôme Vaulerin, docteurs en science du mouvement humain, clarifient certains points sur ce phénomène grandissant.

 

En France, selon l’article L 461-1 du Code de la Sécurité Sociale, le burnout est enfin reconnu comme une maladie professionnelle. Certaines conditions de travail — stress, pression, objectifs trop élevés — doivent être réunies et affecteraient notre état de santé physique mais également psychique. Cette pathologie psychologique est à l’origine d’un mal-être et serait la cause de nombreux arrêts de travail. Nous parlons de Burnout mais que signifie ce mot ?

Historique et définitions

Depuis les années 1940, de nombreuses définitions ont été attribuées à ce phénomène. En 1969, Bradley fut le premier à introduire le terme « burnout » ou épuisement professionnel dans un article de la revue Crime & Deliquency. Ce concept a ensuite été utilisé par Freunderberger en 1974, qui a observé des problèmes physiques (i.e., épuisement, insomnie) et psychique (i.e., troubles émotionnels) chez des employés d’une structure d’aide à la désintoxication où il exerçait. Le burnout est défini comme « un épuisement physique, émotionnel et cognitif résultant d’une diminution continue des ressources valorisées par l’individu, du fait d’une exposition chronique à un stress professionnel » (Shirom, 1989, 2003). Ce phénomène s’applique généralement dans le domaine professionnel. Toutefois, il a également été également observé dans le domaine sportif. En effet, le burnout sportif est reconnu comme étant « un syndrome de trois dimensions-clés associant la diminution du sens d’accomplissement, la dévaluation du sport, l’épuisement émotionnel et physique » (Raedeke & Smith, 2009).

Dépersonnalisation

Le burnout est composé de trois dimensions — épuisement émotionnel, dépersonnalisation et perte de l’accomplissement personnel — et proviendrait d’une augmentation du stress qui serait dû à des facteurs personnels (i.e., personnalité) et situationnels (i.e., contexte). L’épuisement émotionnel se manifesterait lorsqu’un individu ressentirait un sentiment de vide, une fatigue inhabituelle et affective au travail, une difficulté à être en contact avec les émotions de l’autre. Quant à la dépersonnalisation, elle serait marquée par un détachement qui s’apparenterait au cynisme, impliquant une mise à distance des personnes avec lesquelles l’individu interagirait dans un contexte professionnel. En conséquence, l’individu mettrait en place des mécanismes de défense pour économiser une dépense d’énergie. Enfin, la perte de l’accomplissement personnel serait un état dans lequel l’individu se trouverait inefficace dans la plupart de ses actions (i.e., personnels et professionnels), ce qui induirait une diminution de la motivation. Les conséquences probables de cette dimension peuvent créer des comportements tels que le désinvestissement et le surinvestissement.

Les chiffres

Selon l’Institut de veille sanitaire Française, il y aurait 30 000 personnes en souffrance psychologique liée au travail. De plus, l’étude du cabinet Technologia, révèle que 3,2 millions de salariés français présenteraient un « risque de burnout ». Bien qu’une étude concernant la Belgique recense 19 000 victimes de burnout dans ce pays, il existe très peu d’étude épidémiologique portant sur ce sujet en France étant donné sa complexité.

 

SIGNAUX/

Comment identifier le burnout chez un individu ?

 

De nombreuses manifestations physiques et psychiques nous permettent de repérer un individu à risque :

• troubles du sommeil (insomnies, difficultés d’endormissement), troubles digestifs (crampes d’estomac), problèmes dermatologiques (démangeaisons, allergies)

• syndrome de fatigue chronique (lombalgies, cervicalgies),

• migraine ou céphalées, vertiges voire malaise

• sentiment de découragement ou de démotivation,

• angoisse, tristesse, dépression

• troubles de concentration et pertes de mémoire

• isolement social et un cynisme accru

Un questionnaire validé scientifiquement permet de mesure le burnout, il s’agit du « Maslach Burnout Inventory » (MBI).

 

PREVENTION/

L’activité physique comme facteur protecteur du burnout.

La littérature scientifique montre qu’un haut niveau de burnout est relié à une mauvaise santé physique et à plusieurs autres facteurs physiologiques. Des études récentes ont démontré que l’activité physique jouerait un rôle protecteur sur les symptômes du burnout mais également sur la dépression, et l’anxiété. De plus, les individus qui présenteraient un niveau d’activité physique élevé afficheraient des baisses plus fortes de symptômes de dépression, d’anxiété et d’épuisement professionnel. Ainsi, les mécanismes sous-jacents explicatifs à cette relation seraient liés à la charge allostatique (conséquences négatives du stress sur l’organisme), et influencerait les processus métaboliques, micro-inflammatoire et une dérégulation de l’axe du stress. L’activité physique est donc associée à plusieurs composantes clés de la charge allostatique est pourrait être utilisée à travers le temps pour diminuer le stress chronique et d’autres maladies psychologiques comme le burnout.

 

 

écrit par La rédaction