Police-regulation-circulation-septembre-2018-02-@-Monaco-Hebdo-Raphael-Brun

Brigade de la circulation :
pas d’effet miracle

Ce ne sont pas des gilets jaunes mais des chasubles jaunes… Chasubles sur lesquels on peut lire “Police régulation Circulation”… Depuis le 10 septembre 2018, plusieurs agents de la sûreté publique sont positionnés (lors des jours scolaires uniquement) sur les points de circulation les plus sensibles du territoire. Leur mission : fluidifier la circulation aux heures de pointe, le matin et en fin d’après-midi. « Ce dispositif mobilise 14 fonctionnaires de police, le matin, entre 7h40 et 8h40, puis 16 autres fonctionnaires, l’après-midi, entre 16h30 et 18h00, indique le département de l’intérieur. L’officier responsable de ce dispositif se positionne à la Place d’Armes le matin, et l’après-midi, sur l’axe constitué par les boulevards Princesse Charlotte et des Moulins afin de coordonner l’opération ». Ces agents ont été positionnés sur des sites où les problèmes de circulation les plus fréquents sont rencontrés. A savoir, les points frontières : Jardin exotique, rond-point du Wurtemberg (entrée basse Corniche – Cap d’Ail), et l’échangeur Saint-Roman. Mais aussi aux carrefours à forte densité de circulation : la place d’Armes, la place du Canton, l’échangeur Sainte-Dévote, la place Sainte-Dévote, le carrefour du Roqueville, le carrefour de la Barclay’s, ou encore le carrefour de la Madone. Alors, initiative gadget ou mesure réellement efficace sur le terrain ? « L’effet est plutôt bénéfique. On constate une amélioration. Mais ce n’est évidemment pas cette brigade dédiée qui va tout résoudre », souligne Gilles Cellario, directeur adjoint à l’aménagement urbain, selon qui, la présence de policiers a tout de même une autre vertu. Celle d’améliorer le comportement — comprendre l’incivilité — de certains automobilistes. Même analyse mitigée du côté du département de l’intérieur : « Le dispositif policier a forgé un sentiment d’amélioration de la fluidité de circulation auprès des usagers. Pour autant, ces mesures connaissent leurs limites. Plus particulièrement au niveau des temps de parcours. » Le département explique en effet que « la circulation toujours plus importante, les contraintes structurelles imposées par des schémas de circulation ne pouvant s’exonérer notamment de cisaillements, les nombreux et nécessaires passages piétons, ou les incivilités de tous types » viennent toujours perturber le flux de circulation. Autre problème : mobiliser une quinzaine de policiers, plusieurs heures par jour, pour fluidifier la circulation détourne ces agents de leurs missions initiales. Notamment la sécurisation générale du pays. « De ce fait, dès le début de cette opération, il a été convenu de limiter cette expérience dans le temps, et ce jusqu’au début du mois de décembre 2018 », indique le département de l’intérieur. L’arrêt de ce dispositif va-t-il cependant signifier la suppression d’actions pour améliorer la circulation aux heures de pointe ? Non, assure le département de l’intérieur qui va tirer les enseignements de ces différentes expérimentations. « Des mesures intermédiaires prendront le relais », conclut le département, sans plus de précision.

_Sabrina Bonarrigo.