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Bonn 2017 :
Bad or good Cop ?

Environnement/Du 6 au 17  novembre, les Nations unies ont organisé à Bonn, en Allemagne, leur 23ème conférence sur le climat, la COP 23. L’urgence à agir pour contenir le réchauffement de la planète est toujours là… Pour les Etats mais aussi pour la société civile.

Timoci Naulusala, petit Fidjien de 12 ans monté à la tribune de la Cop23, a interpellé les leaders du monde à agir concrètement contre le réchauffement climatique. « Ma maison, mon école, ma source de nourriture, d’eau, d’argent, ont été détruites. Ma vie était un chaos. Je me suis demandé : “Que se passe-t-il ? Que vais-je faire ?” », a clamé cette victime du cyclone Winston, qui a ravagé son île en 2016. Depuis Winston, l’actualité a, hélas, encore illustré les phénomènes climatiques extrêmes, entre inondations, sécheresses et fonte de la banquise. Or, à Bonn et pour ce premier rendez-vous climat présidé par un petit Etat insulaire, les Fidji, beaucoup craignaient une Cop à la dérive. Surtout depuis que les Etats-Unis ont quitté le navire en juin, avec l’annonce par Donald Trump de la sortie des Américains de l’accord de Paris. « Je n’ai jamais vu une COP avec un taux d’adrénaline aussi bas », a expliqué à l’AFP un diplomate européen. Hormis le lancement de l’“alliance” pour la sortie du charbon, le 16 novembre, à l’initiative du Royaume-Uni et du Canada, il ne s’est pas passé grand-chose. Les pays en développement attendent toujours des pays développés des garanties concernant la réalisation des promesses financières. L’accord de Paris prévoit en effet que les “financements climat” s’élèvent à 100 milliards de dollars par an (85 milliards d’euros) en 2020. Un sommet, organisé le 12 décembre à Paris — pour les deux ans de l’accord —, tentera d’avancer sur la question. Mais pour l’heure, on est loin du compte…

Les 1 000 meilleures idées de Bertrand Piccard

D’autres observateurs comme David Levaï, de l’Institut des relations internationales (Iddri), estiment carrément que « pour la première fois dans l’histoire des COP, le cœur de l’action n’était pas dans la zone des négociations, mais dans la zone verte », consacrée aux acteurs non-étatiques. Et on serait tenté de le croire. A Bonn, le prince Albert II a d’ailleurs participé au lancement de “l’alliance mondiale pour des solutions efficaces” de Bertrand Piccard. Son but : collecter les 1 000 meilleures idées du monde entier pour réduire la pollution. Et promouvoir les énergies propres, comme celles du soleil, du vent ou de l’eau. « Elles ne sont pas seulement “écologiques” mais aussi “logiques”. Car elles créent des nouveaux métiers, préservent la planète et réduisent la pollution », explique le pilote suisse, pionnier d’un tour du monde en avion solaire. « Dix-huit mois après l’accomplissement du projet Solar Impulse […], vous offrez un outil supplémentaire […] en unissant les parties prenantes du monde du secteur de la technologique propre. Les actions collectives sont la seule voie pour que des solutions efficaces et durables puissent émerger », a commenté le chef de l’Etat monégasque, qui a initié le compte à rebours. « 384 jours pour remettre nos 1000 solutions aux gouvernements en décembre 2018, pendant la COP24 », s’est fixé Bertrand Piccard. Un beau challenge.

écrit par Milena