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Ben l’Oncle Soul
L’hommage à la légende

Portrait/Ben l’Oncle Soul est en concert à l’Opéra Garnier le 19 mai. Le chanteur a raconté à L’Obs’ pourquoi il a souhaité rendre hommage à Frank Sinatra avec son dernier opus, « Under my skin ».

« J’étais à Los Angeles dans une période où j’étais censé travailler sur un nouveau disque, je devais trouver des bonnes idées, structurer les choses. Et j’ai découvert Frank Sinatra. » Il connaissait les chansons bien sûr mais ne s’était jamais penché sur l’artiste. Avec sa belle voix grave tout en rondeur et en douceur, Ben l’Oncle Soul revient sur ce qui a été une révélation. « Je venais d’acheter une Chevrolet Monte-Carlo 1972, couleur crème intérieur cuir. Elle fait 8 mètres de long, c’est fou ! » Au volant de ce mythique bijou, le Tourangeau glisse des CD dans le lecteur radio. Parmi eux, un disque de Frank Sinatra et cela a été comme une claque en pleine figure. Le chanteur de 32 ans s’amuse en disant que les journalistes ont un peu romancé l’histoire. Avant de reprendre dans un grand rire : « Mais en vrai, c’est ce qui s’est passé ! » Ben confie être un peu passé à côté de la légende américaine. « Je connaissais mieux Steve Wonder ou Ray Charles sur cette époque, développe-t-il. Je suis en quête de comprendre mieux la musique caribéenne, les origines de la soul, du blues, et j’en suis venu à décortiquer le jazz. »

Reprendre pour comprendre

Etant autodidacte, ce diplômé des Beaux arts à Tours décide de travailler les chansons de Frank Sinatra. C’est sa façon à lui d’apprendre, de se plonger dans cette musique. « J’étais dans les meilleures conditions possibles : aux Etats-Unis, dans une vieille bagnole, sur le territoire de la légende, décrit Ben l’Oncle Soul. Je croisais son nom le long des rues, le boulevard Frank-Sinatra ou la Frank-Sinatra Street. Il a vécu à Palm Springs, j’ai visité sa maison, je suis allé sur sa tombe… » Lorsqu’on lui suggère la qualification de pèlerinage pour ces visites, il adhère au vocabulaire. « La musique a une dimension spirituelle. Il y a toute une partie qu’on ne comprend pas vraiment. La musique, c’est ce truc qui n’est pas palpable car on ne la voit pas, on l’entend. » Pour le chanteur soul français, il était évident qu’il devait se pencher sur cet immense artiste. Pour ne pas dénaturer les chansons de Frank Sinatra, il était hors de question de singer son interprétation. « Je ne suis pas un crooner ni un chanteur de jazz. Je ne lis pas la musique. Je la sens. Alors j’ai fait mes arrangements avec de la soul, du jazz et du reggae, il y a même du rap et du hip hop dans la production. » 

« La clé de la musique »

Selon Ben, il est question de mettre en valeur l’immense qualité de l’écriture des chansons de Frank Sinatra. « Ses textes n’ont pas pris une ride. Le jazz est une clé importante dans la musique. » Pour celui qui s’est fait connaître avec une reprise de The White Stripes, Seven Nation Army, il est indispensable de montrer à nouveau ces titres qui ont forgé la musique contemporaine, afin que ces standards ne se perdent pas. Frank Sinatra, chanteur, acteur, danseur, est un pont entre toutes ces figures du jazz, de la soul. Il cite Ella Fitzgerald, Nina Simone ou encore Aretha Franklin. Même si le crooner était plus dans « l’Entertainment », leur musique se situe dans la même vibration. 
Ben l’Oncle Soul, nourri par ce travail de reprises dans lequel il a « mis beaucoup de sueur », prévoit, après sa tournée de concerts qui s’achèvera en février 2018, un nouvel album, avec ses propres chansons. « J’adore chanter avant tout, alors quand on se consacre à l’écriture en permanence, on perd plein de choses. C’est pour cela que j’aime aussi les reprises. Mais j’ai plein de trucs à raconter. Le prochain disque sera reggae… et même psychedelic reggae. » L’artiste n’en dévoilera plus. Il faudra patienter jusqu’au début de l’année 2018. En attendant, il convie ceux qui l’écoutent sur les traces de la légende américaine avec son album, sorti en novembre 2016, « Under my skin ».
_Sophie Noachovitch

écrit par La rédaction