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Auto-écoles
Le match Monaco-France

Article publié dans L’Obs’ n°132 (mai 2014)

SOCIETE/Vaut-il mieux passer son permis à Monaco ou en France ? Combien ça coûte ? L’Obs’ a mené l’enquête.

A Monaco, environ 480 permis ont été délivrés en 2013. Pourtant, il n’y a que 4 auto-écoles en principauté, alors qu’aucune restriction de l’Etat n’encadre le nombre d’exploitants. Seule obligation : le Brevet pour l’Exercice de la Profession d’Enseignant de la Conduite Automobile et de la Sécurité Routière (BEPECASER).

Nationalité
Si l’Etat n’accorde pas d’aide particulière pour se lancer dans cette activité, la nationalité monégasque n’est pas nécessaire pour ouvrir son auto-école à Monaco. Ce que confirme René Peslier, directeur exploitant enseignant de l’Auto-école Stop : « Je suis français, je vis aujourd’hui sur Beausoleil. Mais cela fait 35 ans que j’exerce mon activité en principauté. » A noter que les auto-écoles monégasques peuvent accueillir des élèves qui habitent en France. Tout comme les auto-écoles françaises ont le droit d’accepter des Monégasques et des résidents.

Vienne
Mais attention : les examens se dérouleront forcément sur le sol du pays de résidence. « Comme les auto-écoles sont diplômées françaises, on peut présenter des candidats en France. Nous, quand on présente des Français qui vivent en France au code ou à la conduite, on dispose d’un créneau sur Menton. Mais il faut qu’on demande les places au moins 2 mois et demi à l’avance », précise Peslier. Même chose pour les auto-écoles françaises qui forment des Monégasques. Ces derniers doivent passer leurs examens en principauté.
Quant aux nouveaux résidents originaires d’un pays qui a signé la convention de Vienne de 1968, ils ont un an à partir de l’obtention de leur tire de séjour pour échanger leur permis contre un permis monégasque. Passé ce délai, ils devront repasser l’intégralité des épreuves pour obtenir un permis de conduire. Pour ceux dont le pays n’a pas signé ces accords, comme les Etats-Unis ou l’Australie, il faut repasser le permis.

« Sanctions »
Contrairement au permis français qui est à points (6 en période probatoire, 12 sinon, N.D.L.R.), le permis monégasque n’en a pas. Un point qui n’est pas censé changer, selon Christian Palmaro, chef du service des titres de circulation : « Ce système à points n’est pas envisagé à Monaco. Le suivi du comportement des conducteurs monégasques passe avant tout par la formation, la prévention et l’information. Cependant, le régime de sanctions est immédiat et sévère lorsque des fautes sont commises. »
Si l’examen ne diffère pas vraiment de l’examen français, il peut parfois être plus long : « A Monaco les inspecteurs portent un jugement sur la globalité de la prestation fournie par le candidat et non sur un comportement précis dans une situation. L’examen de la catégorie B peut se dérouler en 45 minutes, contre 30 minutes en France. » Contrairement à la France, à Monaco, l’inspecteur commente la conduite du candidat en fin d’examen.

Formation
En France, un minimum de 20 heures et 1 heure de conduite sont obligatoires. A Monaco, ce n’est pas le cas : « Il n’y a pas de nombre d’heures minimum à faire. Mais quoi qu’il en soit, il faut un certain nombre d’heures pour apprendre à conduire. La circulation est telle que le conducteur doit être conscient du danger », souligne René Peslier.
Selon notre enquête, la majorité des auto-écoles préconise une trentaine d’heures de conduite avant de se présenter à l’examen. A 40 euros l’heure, il faut donc compter 1 200 euros. Une somme à laquelle il faut ajouter les inscriptions aux examens du code et de la conduite, ainsi que les séances d’entraînement au code. Avec 30 heures de conduites, on arrive à 1 500 euros environ.

Formule
Moins cher, on peut miser sur les formules proposées par certaines auto-écoles. En France, certaines proposent une offre avec 20 heures de conduite, facturée entre 1100 et 1300 euros. A noter que la conduite accompagnée n’existe pas à Monaco parce que les jeunes conducteurs n’ont pas le droit de rouler en dehors du territoire monégasque. En effet, faute d’accords franco-monégasques, difficile de faire les 1 000 km nécessaires sur 2 km2…
_Romain Chardan

Réussite/
2013 : 52 % à Monaco, 64,2 % dans les Alpes Maritimes

Sur les 5 dernières années, le nombre de dossiers déposés est assez stable : environ 380 par an, malgré une légère baisse en 2010 et 2011 (340 et 333). L’année 2013 affiche 364 dossiers déposés. Quant aux nombres d’examens passés, il atteint 985 en 2009 avant de retomber à 782 en 2012. En 2013, 961 examens ont été présentés. La différence entre le nombre de dossiers déposés et le nombre d’examens passés s’explique par le fait que les dossiers restent ouverts pendant 2 ans. Question réussite, à part 62 % en 2008 et 57 % en 2011, la barre des 55 % n’est que rarement dépassée. En 2013, le taux de réussite est de 52 % à Monaco. Dans les Alpes Maritimes, en 2013, le taux de réussite est de 64,2 %._R.C.