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Attentats : L’Europe en état d’urgence

SÉCURITÉ/Une trentaine de morts, près de 300 blessés dans plusieurs attaques meurtrières à Bruxelles revendiquées par l’Etat Islamique. Après le choc, la traque s’organise et c’est toute l’Europe qui s’ébranle à nouveau.

 

Aveugle, violent, lâche… Les qualificatifs du premier ministre belge Charles Michel ne manquent pas pour désigner les nouveaux attentats terroristes survenus à Bruxelles le 22 mars. Dans le grand hall des départs de l’aéroport international de Zaventem, et dans une rame de métro à quai à l’arrêt de Maelbeek, seulement à 300 mètres de la Commission européenne, les mêmes scènes de désolation pour débuter une journée chargée en émotion. Le nombre de victimes n’a cessé d’augmenter : des dizaines de mort, des centaines de blessés. Le bilan humain est catastrophique. Moralement, c’est toute l’Europe qui se trouve affectée et qui se voit obligée d’apprendre à vivre avec le terrorisme. Car c’est bien le symbole de Bruxelles, capitale européenne, qui était la cible. Ces attentats, après ceux perpétrés en France, en Turquie ou en Afrique, mettent tous les services de renseignement en alerte maximale. Pour certains experts, cette phase de terrorisme à l’échelle mondiale pourrait durer de nombreuses années et perturber toute une génération. « La France, l’Europe, l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient continueront d’être visés et frappés et c’est une certitude qui ne doit jamais quitter notre esprit. Nous devons répondre. C’est un combat pour la démocratie » s’est exprimé le premier ministre français Manuel Valls. 1 600 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour renforcer la sécurité de la France.

 

Vote de la loi sur la sécurité

Monaco a fait part de sa solidarité. Pendant quatre jours, les drapeaux ont été mis en berne sur les édifices publics de la principauté. Les messages compassionnels du prince Albert II, du gouvernement princier, du conseil national mais aussi de la mairie de Monaco se sont succédés à destination des dirigeants belges. Bien conscient de la problématique terroriste, le micro-Etat doit voter dans les prochaines semaines (mi-mai maximum) la loi sur la sécurité. « On ne peut plus attendre », rappelle Laurent Nouvion, le président de l’assemblée (voir interview). Déposé sur le bureau du conseil national le 29 novembre, le texte fera partie du lot de lois à voter lors des sessions législatives de printemps. Objectif : préserver le côté sécuritaire tout en respectant les libertés individuelles.

_Anne-Sophie Fontanet

 

 

Laurent Nouvion

« Un Patriot Act à l’européenne »

 

Les attentats de Bruxelles montrent hélas qu’il faut améliorer le dispositif de sécurité et de renseignement ?

J’ai d’abord une pensée pour notre ambassadeur Sophie Thévenoux qui était à l’aéroport au moment des attentats et qui a été vivement choquée… Sur ce dossier, j’ai pris le mords au dent car à texte exceptionnel et circonstances exceptionnelles doit correspondre une méthode de travail exceptionnelle. Nous avons eu deux réunions à huis clos avec le gouvernement, police et justice, pour examiner le texte, article par article, et balayer les points de blocage qui pouvaient exister. Le texte sera soumis en commission de législation le 29 mars avec je l’espère, le vote du rapporteur.

 

Il y a un consensus qui se dégage au niveau des élus ?

Sur le principe oui. Sur les modalités, il reste encore des interrogations et c’est naturel. Les questions des élus ont par exemple porté sur l’indépendance de la commission qui contrôle les décisions du ministre d’Etat notamment en matière d’écoutes administratives, sur la définition des intérêts fondamentaux, sur la destination de certains documents à classifier, déclassifier, conserver, détruire. Ce sont des discussions légitimes. Mais une fois qu’on a discuté, il faut prendre ses responsabilités comme élu, surtout dans le contexte actuel.

 

Vous allez le voter en urgence ?

C’est un texte important permettant d’anticiper les actes. C’est un peu un Patriot Act à l’européenne. Le président du Sénat Gérard Larchet, qui est le deuxième personnage de l’Etat français, a d’ailleurs insisté, lors de la rencontre du groupe franco-monégasque au Sénat, sur l’importance de voter un tel texte. Le niveau d’alerte est au maximum. Tout en respectant les libertés fondamentales, il faut aller vite.

_Propos recueillis par Milena Radoman

écrit par Milena