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Association Jeune J’écoute. Au chevet des jeunes monégasques

Soutien — Depuis 38 ans, l’association monégasque Jeune J’écoute oeuvre au quotidien pour aider les enfants et les adolescents en souffrance, scolarisés à Monaco. L’équipe éducative et psychologique suit une centaine de jeunes par an —

C’est une structure très discrète, située à l’abri des regards, sur les terrasses de Fontvieille. Depuis sa création en 1981, l’association Jeune j’écoute accueille et accompagne des enfants et des adolescents en souffrance, tous scolarisés à Monaco. Une discrétion volontairement cultivée par les membres de cette structure, et particulièrement appréciée par les familles concernées. « Nous existons à Monaco depuis très longtemps. Les familles qui auraient besoin de nous, nous connaissent et savent que nous sommes une association discrète. Le bouche à oreille est donc très important, explique Anne Fissore, la directrice. Il est également sans doute plus simple pour les parents de s’adresser à nous, plutôt que de faire la démarche auprès d’une institution plus étatisée. » Au quotidien, l’équipe de Jeune j’écoute composée de trois éducateurs, d’une psychologue, d’une secrétaire et de plusieurs intervenants périscolaires, viennent ainsi en aide à ces jeunes un peu cabossés par la vie, ou fragilisés par un environnement scolaire ou familial complexe.

Anxiété scolaire ou difficultés familiales

Dans ce centre, une centaine d’enfants et adolescents, âgés entre 13 et 17 ans, transitent par an. Et toutes les difficultés et les maux propres à la jeunesse se rencontrent et se côtoient. « On jongle constamment entre différentes situations », résument Mélanie Divico, psychologue, et Célia Sacristin, éducatrice. Les cas de figure les plus fréquents sont les difficultés familiales liées, par exemple, à des divorces compliqués, ou des problèmes dans le cadre de l’école : « Phobie scolaire, harcèlement, peur de l’échec ou du regard des autres. Les anxiétés liées à l’école se constatent d’ailleurs de plus en plus jeune. Des enfants sont dans un état de stress très avancé car il se sentent en situation d’échec scolaire alors que, bien souvent, ils ne le sont pas. Certains adolescents souffrent également d’isolement. Ils ont du mal à se faire des copains à l’école. D’autres sont en conflit permanent avec leurs camarades. » Autre difficulté assez fréquente constatée à l’association : ce que l’on appelle les “troubles dys-”, de type dysorthographie, dyslexie, ou encore dyscalculie. « Nous avons également quelques cas d’autisme ou des enfants qui traversent des passages difficiles. Des vagues à l’âme. Auparavant, nous nous occupions beaucoup d’enfants ressentant ce type de mal-être passager. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus sollicités pour des problématiques plus lourdes mais nous essayons tout de même de garder une place pour ces enfants-là. Eux aussi ont besoin d’une main tendue, en prévention de difficultés potentiellement plus lourdes à l’avenir », rajoute Anne Fissore.

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« Notre luxe c’est le temps »

Si l’association assure être assez peu confrontée à des jeunes ayant des conduites addictives, l’équipe reste toutefois en alerte sur ces sujets. « Nous sommes bien sûr sensibles aux potentielles conduites à risques que ce soit avec l’alcool ou le cannabis. Nous sommes également attentifs aux défis, parfois dangereux, que peuvent se lancer entre eux les adolescents », rajoute Cédric Journet, éducateur. Bien qu’une table de ping pong, une salle de jeux, des sorties ludiques en extérieur et des ateliers créatifs soient là pour divertir cette jeunesse, cette structure associative ne se définit pas comme un centre de loisirs, mais bel et bien comme un lieu de vie, où un véritable accompagnement éducatif et psychologique est assuré. « Ici, on met des mots sur le mal-être de ces jeunes, explique Sylvie Cotton, éducatrice. Notre luxe, c’est le temps et les moyens humains dont on dispose. Les effectifs sont suffisants par rapport au nombre de jeunes que nous accueillons. Cela nous permet de construire une relation durable et un climat de confiance. » « Beaucoup de choses se passent de manière informelle, rajoute Mélanie Divico, psychologue. C’est un lieu de vie. L’équipe passe beaucoup de temps avec les jeunes. Nous jouons avec eux, nous échangeons. C’est cela l’essentiel de notre travail. C’est le relationnel qui soigne. Et, si besoin, nous pouvons mettre également en place une psychothérapie régulière ». Dans cette structure, les jeunes sont libres de venir ou de ne pas venir. Il n’y a pas de rendez-vous obligatoire. Les familles aussi sont accompagnées « pour les soutenir et ne surtout pas les discréditer », insiste l’équipe. Quant aux relations qu’entretiennent les jeunes entre eux, il y a tous les cas de figure. « Ceux qui se disputent, ceux qui s’entraident, ceux qui s ‘aiment, ceux qui se détestent, ceux qui jouent ensemble », énumère la directrice, Anne Fissore. Selon l’équipe « beaucoup de tolérance » existe entre les jeunes. En particulier avec ceux qui arrivent pour la première fois au centre. Une jeunesse qui grâce à Jeune j’écoute parvient peu à peu à reprendre pied. « Dans des situations familiales très lourdes, il est arrivé que certains jeunes restent avec nous durant 6 ou 7 ans, mais le but n’est pas que nos locaux et notre association deviennent un endroit refuge. Notre but est de les aider à aller mieux et qu’ils s’épanouissent à l’extérieur, sans nous », conclut l’équipe.

(1) Les enfants et les adolescents qui se rendent à Jeune j’écoute sont essentiellement adressés par la filière pédopsychiatrique monégasque : le centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP), le centre médico-psychologique (CMP) mais aussi les assistantes sociales, les éducateurs, les instituteurs et les professeurs de la principauté.