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AS Monaco : le renouveau

FOOT/ Secouée en championnat à la fin de l’été, touchée par des départs et pointée du doigt par la Ligue et l’UEFA, l’équipe de la Principauté a su tenir bon.

 

La messe semblait dite lorsque suite au transfert des stars internationales, les défaites se sont accumulées en début de saison. Un groupe en proie au doute et un nouvel entraîneur qui peinait à imprimer sa marque, il n’en fallait pas davantage. Les observateurs sont alors tombés comme un seul homme sur un club qui aurait perdu ses ambitions. Leonardo Jardim a dû composer et prendre surtout le temps de découvrir la Ligue 1 : une compétition au style de jeu radicalement opposé à celui qu’il avait connu au Portugal avec le Sporting de Lisbonne.

 

Le paradoxe Champions League

Poussifs en championnat mais performants en Champions League, c’est tout le paradoxe des asémistes. Mais en remportant 3 de ses 6 rencontres au plus haut niveau européen dont deux face au favori de ce groupe, le Bayer Leverkusen (1-0 à l’aller et 1-0 au retour), les Monégasques ont non seulement fait taire la critique mais ils ont gagné le respect. Et ça se voit sur le terrain jusqu’à la victoire contre l’OM du 14 décembre dernier qui a fini de rassembler les supporters et fait cesser les doutes. L’objectif du club était de sortir de sa poule et de se qualifier pour les 8èmes de finale. C’est chose faite. On pourra relativiser la manière sur le plan du jeu mais l’ASM finit première de son groupe. Pas le PSG en tous cas, qui termine deuxième après sa défaite à Barcelone et qui aura la tâche difficile d’affronter le Chelsea de Mourinho. Pour Monaco, ce sera les canonniers d’Arsenal. Difficile aussi mais pas impossible lorsqu’on voit le match contre un Zenith Saint-Petersbourg qui faisait figure d’épouvantail ou encore les matches contre Leverkusen, Paris SG ou encore l’Olympique de Marseille.

 

Une défense de fer, une attaque muette

Ces dernières semaines, l’AS Monaco brille à nouveau. Et particulièrement contre les “gros”. La défense centrale a beaucoup bougé. L’apport de Jérémy Toulalan est incontournable et “la Toule” est devenu — encore plus que l’an passé — le véritable taulier de cette équipe. Avec les blessures de Kurzawa, devenu international français, et la suspension du prometteur Wallace, Toulalan a effectué deux matchs déterminants en défense centrale. Après être passé à travers à Rennes (défaite 2-0), Abdenour semble trouver ses marques en l’absence de Carvalho. C’est lui qui délivra les rouge et blanc contre le Zénith, et fit se soulever tout un stade qui lui pardonna d’un seul coup ses errements bretons.

Des défenseurs qui marquent, c’est symptomatique d’une attaque qui peine à se trouver. Si Berbatov a été un génie à Toulouse (victoire 2-0), l’attaque monégasque a longtemps fait preuve d’inefficacité. Maladroits devant les buts, Yannick Ferreira-Carrasco, Anthony Martial et Ocampos se procurent à chaque match de nombreuses occasions. A n’en pas douter, avec un peu plus de réussite — et avec un arbitrage correct soyons justes — l’ASM Monaco pointerait aujourd’hui dans le top 5 de la Ligue 1.

En donnant aux supporters la possibilité d’entendre la fameuse musique de la Champions League une quatrième fois à Louis II, l’ASM a rempli de fort belle manière son objectif de cette fin d’année. Et surtout, les Monégasques peuvent à nouveau regarder vers les sommets de la Ligue 1. Les dirigeants ont redimensionné le projet pour de nombreuses raisons. Monaco s’appuie sur des jeunes prometteurs qui n’ont pas tardé à faire leurs preuves. « Le club est toujours ambitieux » avait confirmé Vadim Vasilyev au Monaco Press Club en octobre dernier. Après un départ catastrophique, c’est l’embellie pour le club de la Principauté. Mais rendez-vous dans quelques semaines pour voir si le renouveau se confirme avec en ligne de mire l’appel de Londres le 25 février prochain contre le Arsenal d’Arsène Wenger avec qui l’AS Monaco a presque tout gagné…

_Paul Fitoussi

 

FAIR PLAY FINANCIER/

UEFA : l’indice qui change tout

 

Régulièrement montrée du doigt par certains présidents de clubs de Ligue 1, l’ASM a été ponctionnée de 50 millions d’euros sur deux ans pour avoir le droit de cité dans le championnat de France. Après les investissements hors normes des deux années précédentes, l’AS Monaco fait même l’objet d’une surveillance par l’UEFA au nom du Fair Play Financier (1).

La qualification en 8èmes de finale de la compétition reine a pourtant fait taire jusqu’aux plus véhéments contre le club de la Principauté. Et pour cause : les résultats de Monaco servent leurs intérêts. Comment ? Les résultats de l’ASM ont consolidé l’indice UEFA qui garantit la troisième place qualificative en Champions League. Cet indice est devenu le graal de tous les pays européens. Même Jean-Michel Aulas, patron de l’OL, s’est fendu d’un tweet pour remercier les Monégasques de leur performance… On le comprend, la manne de la Champions League fait pâlir d’envie plus d’un club français. A la lutte avec la Russie, l’indice UEFA de la France respire désormais en grande partie grâce à Monaco et peut encore espérer grimper d’un cran en dépassant celui du Portugal.

_P.F.

 

(1) La chambre d’investigation de l’Instance de contrôle financier des clubs de l’UEFA (ICFC) a terminé sa première série d’auditions des clubs ciblés. Ses investigations se poursuivent contre l’ASM (tout comme l’AS Rome, Beşiktaş JK, FC Internazionale Milano, FC Krasnodar, Liverpool FC et Sporting Club de Portugal). Le club rouge et blanc doit soumettre des informations complémentaires d’ici à février 2015.

écrit par La rédaction