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AS Monaco : le projet Rybolovlev

FOOTBALL/Roulez jeunesse ! Cela pourrait être le leitmotiv de l’AS Monaco. Un retour aux sources ?

 

« Le projet Rybolovlev-Vasilyev n’est pas en carton ! » titrait beIn Sports juste après la victoire contre Arsenal fin février. Depuis que l’AS Monaco a fait ses preuves en championnat et en Ligue des Champions, le projet sportif du club rouge et blanc, qui mise sur de jeunes pépites, est plébiscité. Fini les railleries ? On partait pourtant de loin. Il y a juste un an, les départs des stars Radamel Falcao, James Rodriguez, Eric Abidal et du coach Claudio Ranieri, avaient marqué un changement de cap dans la politique de recrutement. Exit le bling bling. Les vedettes du ballon rond étaient remplacées par une “classe biberon”, revenant un peu aux fondamentaux de l’ère Campora. Chacun y allait alors de son commentaire : « le navire monégasque coule » ou encore « Monaco est seul et complètement à poil. Tout le monde se tire. Les dirigeants ont eu les yeux plus gros que le ventre », dixit l’inénarrable Jean-Michel Larqué. Ce changement de stratégie, sur fond de rumeurs de demande déçue de passeport monégasque par Rybolovlev et de divorce du siècle — la justice suisse lui demandait à l’époque d’allouer la moitié de sa fortune à son ex-épouse —, s’expliquait par plusieurs raisons tangibles.

La même année, le président russe a dû se résoudre à débourser 50 millions d’euros pour régler son litige avec la Ligue de football professionnel — c’est déjà mieux que les 200 millions proposés initialement par le président de la FFF Noël Le Graet ! — et assumer le durcissement des règles UEFA sur le fairplay financier. Plus question de dépenser sans compter. Désormais, tout club doit sortir du portefeuille autant qu’il gagne. Délicat dans un contexte monégasque où la billetterie et le merchandising ne remplissent pas les caisses de l’ASM… Résultat, pour éviter les sanctions (amendes que les dirigeants n’ont d’ailleurs pu empêcher au final), l’AS Monaco a dû opter pour un modèle économique plus « rationnel ».

 

Résultats sportifs

Après un début de saison poussif, le groupe de Leonardo Jardim a cumulé les performances. Moquée pour son football très défensif (et un jeu un peu ennuyeux), l’équipe a tout de même réussi le pari de finir troisième du championnat et d’atteindre les quarts de finale de la Ligue des Champions, avant de buter contre la Juventus de Turin. En misant sur les jeunes pousses Kurzawa, Martial, ou encore Bernardo Silva, encadrés par de vieux briscards comme Abdennour, Toulalan ou João Moutinho et Dimitar Berbatov.

 

Rebelote

Cette saison, rebelote. Lors du mercato, l’AS Monaco a confirmé sa stratégie. Très active, elle a misé pour ses 9 recrues sur des jeunes talents à fort potentiel… et à petit prix, puisque le montant total grimpe à 49 millions d’euros largement compensés par des départs — à valeur ajoutée — qui se chiffrent à 60 millions d’euros. On est loin du mercato du PSG… L’international égyptien Stefan El Shaarawy se révèle la recrue majeure du club. A côté des Farès Bahlouli, Thomas Lemar, Guido Carillo, Ivan Cavaleiro, Mario Pasalic, Helder Costa, Paul Nardi et Adama Traoré, espoirs du football européen. Si les Ferreira-Carrasco et Kondogbia ont quitté le club, de leur côté, les joueurs comme Carvalho, Toulalan, Raggi, Subasic ou Dirar ont été prolongés. Le tout pour viser le podium du championnat français et chatouiller les étoiles européennes.

 

Accord avec la LFP

Mais avant de viser les titres, Monaco doit encore régler quelques formalités avec la LFP. En juillet, le Conseil d’Etat a annulé l’accord qui liait l’ASM avec la Ligue de football professionnel. Cette transaction — « un petit miracle », selon la formule de l’administrateur du club, Willy de Bruyn, qui avait participé, en toute discrétion, aux négociations avec la LFP — est remise en cause. Le versement d’une soulte de 50 millions d’euros permettait d’ôter de l’horizon toute nouvelle menace d’exclusion du championnat de France de la part de la ligue. Cette épée de Damoclès, justifiée par la LFP, par une inéquité fiscale, représentait en 2013 une véritable bombe pour Monaco : « Le prince a dit à plusieurs reprises que le club de football était le ciment social de la population monégasque. Je vous laisse imaginer ce que ça aurait été si le club de football avait été obligé d’être transporté en France », commentait alors Willy de Bruyn.

Avec la décision du Conseil d’Etat, « le club monégasque est autorisé à participer au championnat, sans contrepartie financière. Au risque de raviver les tensions — déjà fortes — entre les dirigeants de certains clubs français et la Ligue… » note aujourd’hui le juriste Ronan David, responsable du site droitdusport. com. Quelle sera la suite des événements ? « L’annulation des nouvelles dispositions du règlement a pour effet de rétablir la disposition, adoptée en 2013, qui impose aux clubs qui veulent participer aux championnats français d’avoir leur siège en France. Un effet immédiat et rétroactif d’une telle annulation aurait eu des conséquences disproportionnées, d’une part, en bouleversant la préparation de la prochaine saison, d’autre part, en remettant en cause le championnat de la saison passée », commente le spécialiste, qui explique pourquoi la juridiction a différé l’annulation jusqu’au 1er octobre. Un délai indispensable pour que la LFP rembourse à l’ASM les 50 millions d’euros, a priori provisionnés. Et échafaude de nouvelles règles qui satisferont tout le monde. Mais lesquelles ?

_Milena Radoman

 

SAGA/

ASM-LFP : le match

Voici le résumé du match entre l’ASM et la Ligue de Football professionnel, racontée par Ronan David, du site droitdusport.com.
Le 21 mars 2013, le conseil d’administration de la LFP décide d’imposer aux clubs d’avoir le siège social de la société sportive en France.
Le 17 mai 2013, le club de l’AS Monaco lance les hostilités judiciaires… sans succès devant le juge des référés.
Le 23 janvier 2014, la LFP modifie son règlement administratif et ratifie l’autorisation donnée à son président de signer une transaction avec l’AS Monaco.
Le 24 janvier 2014, la LFP et l’AS Monaco signent le protocole d’accord (qui prévoit le paiement d’une enveloppe forfaitaire de 50 millions d’euros par l’ASM).
En février 2014, le ton monte entre sept présidents de clubs de Ligue 1 et la LFP – le Conseil d’Etat est saisi.
Le 9 juillet 2015, le Conseil d’État juge irrégulière et illicite la transaction par laquelle la Ligue de football professionnel s’était engagée en janvier 2014, à modifier son règlement pour permettre à l’AS Monaco de continuer à participer aux championnats de Ligues 1 et 2 sans être contrainte d’établir son siège sur le territoire français

 

 

écrit par Milena