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Antoine de Maximy
« J’avais envie de retrouver ma liberté »

Portrait — Antoine de Maximy était présent à la sonothèque José Notari le 11 juin pour présenter son projet de film J’irai mourir dans les Carpates. Fiction tirée de son émission phare J’irai dormir chez vous. Mais qui est vraiment ce reporter tout-terrain ? —

Véritable globe-trotter, Antoine de Maximy se lance dans de nouvelles aventures. Après la saga J’irai dormir chez vous, le célèbre routard se lance dans la fiction avec J’irai mourir dans les Carpates. Une création, qui repose sur le même concept que sa célèbre émission. Partir dans un pays étranger, en l’occurrence la Roumanie et vivre l’aventure avec les risques du pays. Cette idée de film, arrive dans son esprit après de multiples expériences périlleuses au cours de ses voyages : « J’ai assisté à une fusillade à Sainte-Lucie ou encore à une tentative de dépouillement en Bolivie ». Partant complètement seul sur ses expéditions, Antoine se pose alors la question : « Qu’est-ce qui se passerait si ça tourne vraiment mal ? ». Son goût du risque ne date pas d’hier. Avant de réaliser des documentaires, le célèbre animateur est avant tout un journaliste. Ce dernier a notamment couvert les confits à Beyrouth et ceux de la guerre Iran/Irak pour CBS News. Son expérience passée, lui a appris énormément de choses sur lui : « Quand on fréquente des individus dans des conditions extrêmes, les personnalités sont exacerbées. Les individus que l’on côtoient jouent avec leur vie ». Un passé, qui lui sert toujours aujourd’hui lorsqu’il doit faire face à des conditions extrêmes. Un risque donc omniprésent dans ses reportages, mais qu’il assume : « J’ai déjà eu peur dans certains épisodes, je ne le cache pas ».

Une vie chamboulée

Mais au début, son concept est loin de faire l’unanimité. De nombreuses chaînes de télévision refusent de produire son émission : « J’ai tourné beaucoup d’épisodes au début sans être payé, j’ai pris des risques ». Ces derniers se sont avérés payants puisque Canal+ puis France 5 diffusent les émissions. Un succès qu’il doit essentiellement aux téléspectateurs : « C’est grâce à eux que mon émission existe ». Un projet qu’il avait alors en tête depuis de nombreuses années : « J’étais réalisateur de documentaires à l’époque, mais j’avais envie de retrouver ma liberté, de mettre en avant des personnages extraordinaires. » Une retransmission qui change ainsi sa vie : « Je suis sorti de l’anonymat et surtout cela a développé ma combativité, le fait de ne jamais rien lâcher ». Un de ses souvenirs les plus touchants se déroule au Malawi : « Je rencontre une jeune fille atteinte de polio depuis ses 7 ans qui marchait à 4 pattes. Je décide d’aller lui parler. C’était une femme rayonnante, pleine de vie. Cette mère de 5 enfants faisait tout pour subvenir aux besoins de sa famille même si elle devait faire la manche ». Ce passage a alors marqué les téléspectateurs et un élan de générosité s’est généré : « On avait créé une cagnotte qui s’est rapidement envolée. Je suis alors retourné au Malawi pour lui donner cet argent et la conseiller. » Grâce à cette action, le célèbre routard a donc mis fin à la mendicité de la femme et de sa famille. Une proximité avec les personnes qu’il revendique haut et fort : « J’ai toujours aimé aller vers les gens et discuter avec eux. Quand je rencontre des personnes, je donne toujours quelque chose en retour, c’est une sorte de cadeau. »

(1) Pour financer son film, Antoine de Maximy a fait appel au financement participatif et à la plateforme Kisskissbankbank.

écrit par Arnaud Lauzerte