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340 enfants sauvés grâce
à une chaîne de solidarité

SOLIDARITÉ/Né à l’occasion des 50 ans du prince en 2008, le Monaco Collectif humanitaire a permis de sauver plus de 340 enfants.

Ils s’appellent Aminata, Wokana et Djénébou. Ils sont trois des 340 enfants opérés et sauvés grâce au Monaco Collectif humanitaire. En 2008, à l’occasion des 50 ans du prince Albert, 21 associations monégasques se sont fédérées sous cette bannière. Une chaîne de solidarité dont l’objectif était initialement d’opérer à Monaco 50 enfants venant de pays en développement dont les pathologies cardiaques, et parfois orthopédiques, ne pouvaient être soignées dans leur pays. Victime de son succès, le collectif s’est pérennisé. « On opère 30 à 40 enfants par an et il faut compter en moyenne 10 000 euros par enfant entre les frais d’intervention et les billets d’avion. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de frais de fonctionnement. Les médecins, comme les familles d’accueil, sont 100 % bénévoles. Les centres de soins ne facturent que 50 % des coûts d’hospitalisation. Quant aux actions de communication, c’est l’Etat monégasque qui les finance », explique Candice Manuelo, à la direction de la coopération, qui pilote cette organisation.

Dons réguliers

Sur le plan logistique, deux ONG sont particulièrement actives. La Croix-Rouge monégasque — qui assure également le contrôle financier — et Rencontres africaines gèrent en effet l’accueil chirurgical de ces enfants dont les dossiers ont été envoyés par leur médecin ou des associations sur place. « Au départ, on devait opérer seulement 50 enfants. Nous continuons avec des dons qui continuent d’arriver (1), les fonds ne sont pas encore épuisés et la trésorerie s’auto-alimente », se réjouit Corinne Clerc, responsable organisationnel et bénévolat à la Croix-Rouge monégasque. Si « les enfants sont ensuite suivis quand ils rentrent chez eux, une fois opérés », le projet a évolué. « Des actions conjointes ont été mises en place. L’ouverture de centres de cathétérisme est prévue dans certains pays. Au Mali, il doit être inauguré dans quelques mois. Tandis que des cardiologues sont formés au centre cardio-thoracique. C’est un grand canevas qui s’est bien tissé… »

L’association SHARE, présidée par les cardiologues Jean-François Robillon et François Bourlon, a en effet développé un partenariat avec le centre hospitalier mère-enfant de Bamako en y installant une unité de cathétérisme. D’une superficie de 258 m2, ce nouveau bâtiment sera opérationnel en 2019. « En plus des cardiologues, des personnels infirmiers, manipulateurs radios, anesthésistes doivent également être formés au cathétérisme, qui est une technologie de pointe. C’est un investissement important pour assurer une prise en charge médicale sur place. La construction du centre aura coûté plus d’un million d’euros », précise Candice Manuelo.

_Milena Radoman

(1) En 2018, on fêtera les 10 ans du MCH. Où l’on espère « pouvoir financer des opérations sur place pour les familles indigentes, qui ne pourraient supporter les frais médicaux ». Un beau projet qui pourrait prendre de l’ampleur, pour les 60 ans du prince.
(1) Les principaux donateurs réguliers du MCH sont le prince et la princesse Charlene, Children & Future, la fondation Niarkos, l’association Pagani-Elia, l’Amade Monaco, Caritas Monaco, l’Etat, Monaco Aide et Présence, Olivier Giroud, Amitiés sans Frontières international, Saint-Vincent de Paul, et BM Foot.

 

Focus/

Le coup de boost Olivier Giroud

FINANCEMENT/Ponctuellement, le MCH a financé les interventions chirurgicales avec le crowdfunding. Et ça marche !

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Depuis 2014, le Monaco Collectif humanitaire a son ambassadeur de cœur. Approché, le footballeur Olivier Giroud a accepté immédiatement après être venu au centre cardio-thoracique. « Il a toujours eu une fibre caritative. Là, pour lui, c’était du concret. Il cherchait à s’impliquer », explique Candice Manuelo, à la direction de la Coopération. Ayant une maison à Cannes, l’attaquant hipster d’Arsenal connaît bien Monaco. Et avait sans doute aussi à cœur de redorer le blason des footballeurs. « Olivier Giroud a tout de suite été partie prenante, il a chapeauté 3 crowdfunding, s’est prêté au jeu. Il arrive à caler ses venues à Monaco entre deux matchs, dans un planning très compliqué », ajoute Corinne Clerc à la Croix-Rouge monégasque.

Save Nato

Pour sauver Nato, Wokana et Djénébou, Olivier Giroud a relayé les campagnes de financement participatif sur la plateforme Monaco Crowdfunding. Avec un impact immédiat. « Pour Nato, 10 000 euros ont été levés en moins de 24 heures ! La deuxième opération a permis de récolter 20 000 euros aussi vite. Des centaines de milliers de followers ont liké la vidéo qu’il avait posté sur sa page Facebook et il y a eu des donateurs jusqu’en Australie ! » observe Candice Manuelo.

_Milena Radoman

 

Financement/

Du caritatif à la philanthropie

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Comme toute organisation sociétale, les ONG doivent obligatoirement adopter une stratégie financière. Qui évolue au fil du temps. A l’Amade mondiale, en plus des dons, on s’oriente par exemple aujourd’hui vers la philanthropie. « Il y a une évolution logique de l’approche, du caritatif pur à la philanthropie. Par exemple, pour certains programmes,  nous avons envisagé qu’il soient porté par un comité de soutien », explique le secrétaire général de l’ONG, Jérôme Froissart. « Les banques sont intéressées par ce type de programme. C’est toute une ingénierie de la philanthropie. Au lieu de créer leur propre fondation, les personnes ayant une surface financière importante prennent en charge un programme. Cela donne du sens à leurs dons ».

Cela n’empêchera pas l’Amade mondiale d’organiser une levée de fonds autour d’un gala, plus traditionnel, en 2018, avec vente aux enchères. Les clichés de William Dupuy, qui a visité les différents programmes de l’ONG, devraient y être vendus. Le photographe s’est immergé au sein des camps de réfugiés et des enfants soldats, et a recueilli leurs témoignages. « Ses photographies seront exposées en ville pour sensibiliser la population », ajoute Jérôme Froissart.

_M.R.

écrit par Milena