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« Façonner le Monaco industriel de demain »

ECONOMIE/L’incubateur-accélérateur d’entreprises, MonacoTech, a été inauguré à Fontvieille il y a un an. Cette structure destinée à aider les start-ups innovantes dans les domaines de la santé, la finance et la smart city, souhaite cibler d’autres secteurs d’activité à l’avenir : la blockchain et la cybersécurité. Les explications du directeur des lieux, Fabrice Marquet.

Depuis l’inauguration de Monaco Tech il y a un an, combien de startups ont été accueillies au total ?

24 startups ont intégré notre programme depuis septembre 2017, suite à trois appels à projets. Nous avons reçu plus de 230 candidatures à ce jour. Les profils sont très hétérogènes. Nos entrepreneurs ont entre 20 ans et 55 ans et sont originaires de France, de Nouvelle-Zélande, d’Italie, ou encore du Royaume-Uni.

Quels sont les principaux domaines d’activité des startups sélectionnées ?

Les secteurs présents aujourd’hui sont la santé, la finance, l’environnement et la smart city mais également des projets plus digitaux dans la vente, l’éducation ou l’évènementiel. Notre vision est que MonacoTech devra se spécialiser dans deux/trois secteurs-clés tout en se laissant la liberté de quelques projets annexes. D’autres secteurs comme la blockchain ou la cybersécurité nous semble pertinents. Nous sommes avant tout attentifs au facteur humain, à la qualité du projet, et à son adéquation avec Monaco.

Comment ces startups ont-elles évolué sur cette première année d’exercice ? Certaines ont-elles échoué ?

La vie de notre communauté d’entrepreneurs est extrêmement dynamique. Entreprendre est par essence une aventure risquée dont on ne connait pas l’issue à l’avance. MonacoTech a également un modèle unique qui amplifie cet aspect. Le parti pris a été de miser d’emblée sur une extrême sélectivité à l’entrée, mais également sur le maintien dans le programme. Nos startups doivent constamment prouver que la relation qui nous lie est mutuellement bénéfique, sinon elles sont écartées du programme. En contrepartie, nous leur offrons un support sur-mesure inconditionnel, l’accès à notre réseau et des ressources pour développer leur activité. Aujourd’hui, seules 15 startups sont toujours présentes, mais nous validons qu’elles ont coché toutes les cases en fonction de leur stade d’avancement.

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SUCCESS STORY/« Nous avons plusieurs beaux succès, comme KeeSystem et YouStock, qui génèrent déjà de beaux revenus et qui sont en pleine croissance. Nous avons également des projets qui ont un potentiel de développement international extrêmement intéressant comme Surgisafe ou Coraliotech.  »

Sur ces 15 startups, quelles sont celles qui ont rencontré du succès ?

Nous avons plusieurs beaux succès, comme KeeSystem et YouStock, qui génèrent déjà de beaux revenus et qui sont en pleine croissance. Nous avons également des projets plus en amont mais qui ont un potentiel de développement international extrêmement intéressant comme Surgisafe ou Coraliotech. Ces exemples, comme toutes les autres sociétés toujours dans le programme prouvent que notre valeur ajoutée réside en grande partie dans le programme d’accompagnement mis à leur disposition.

Ces startups ont-elles l’intention de se pérenniser à Monaco à l’avenir, ou préfèrent-elles se développer hors du territoire monégasque ?

Cela fait partie de nos critères de sélection et d’évaluation des sociétés. Les startups de MonacoTech doivent justifier de la pertinence d’implanter une partie de leur activité à Monaco sur le long terme. D’un autre côté, nous cherchons également des sociétés avec une ambition internationale et un modèle d’affaires évolutif, reproductible sur d’autres marchés. C’est tout l’intérêt que Monaco offre : un territoire international avec un marché intérieur petit qui pousse forcément à se tourner vers l’étranger.

Peut-on considérer que ces jeunes entreprises façonnent le Monaco industriel de demain ?

Tout à fait. Cela fait partie d’un des objectifs fondamentaux de MonacoTech. Les sociétés qui sortiront par le haut de notre programme seront ancrées de manière pérenne dans le tissu économique local et contribueront à façonner le Monaco industriel de demain. Nous voulons, en accord avec la vision présentée par le Prince Albert II, créer des emplois qualifiés et créer de la valeur depuis notre territoire.

Lors de l’ouverture de MonacoTech, il avait été annoncé que les locaux allaient être agrandis pour accueillir davantage de startups. Est-ce le cas ?

Les locaux actuels de MonacoTech ont une surface de 820 m2 dont un espace de co-working de 115 m2 et un deuxième laboratoire de 35 m2. Une réflexion est en cours pour mettre à disposition ces m2 pour accueillir éventuellement davantage de projets de startups. Il est important pour nous de se poser la question sur le devenir de cet espace de co-working, très souvent mis à disposition d’associations pour y tenir leurs conférences, leurs assemblées générales, leurs événements, etc… ; un lieu de vie et d’échanges.

Le gouvernement a annoncé sa volonté de créer MC Boost à proximité de MonacoTech pour les entrepreneurs de nationalité monégasque. Allez-vous chapeauter le dispositif ?

La vocation première de Monaco Boost est d’accueillir des projets de porteurs jeunes Monégasques. Il ne s’agit pas de faire un énième centre d’affaires mais bien un lieu de vie et d’échange, à l’image de celui de MonacoTech, sans pour autant créer un programme d’accueil et d’accompagnement. Monaco Boost est un projet d’Etat que l’on peut qualifier de pépinière d’entreprises. En effet, il se situe au même étage de la Zone F que les locaux de MonacoTech. Ce ne sera pas une structure de type privé. Des fonctionnaires seront détachés pour assurer l’accueil et la gestion des services qui seront mis à disposition et qui restent encore à définir. Par ailleurs, il nous a semblé important de réfléchir d’ores et déjà au devenir des « futurs ex MonacoTech » et de les garder en Principauté. C’est en ce sens que Monaco Boost pourra également accueillir, le cas échéant, des startups qui seraient ainsi « ex cubées ».

Quel a été l’apport de Xavier Niel durant cette première année d’aventure ?

Ses deux apports principaux ont été sa renommée et son réseau. Citons l’exemple de Knap. Grâce à sa mise en relation avec Stéphane Dedieu, le PDG de Caddie, les cofondateurs ont signé un accord de partenariat avec le deuxième fabriquant de chariots en Europe et ont pu lever des fonds pour construire leur prototype. Il faut également souligner l’apport des équipes et de la direction de Monaco Telecom, à nos côtés depuis le début de l’aventure, et qui savent toute l’attention que Xavier Niel porte à MonacoTech.

–_Propos recueillis par Sabrina Bonarrigo.