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« Donner la parole
aux sans-voix »

MÉDIAS/Dans la nouvelle enquête d’Ushuaïa TV Le Prince et la Mer, Christine Oberdorff a filmé Albert II sur les traces de son trisaïeul, Albert Ier. Rencontre avec la journaliste, qui a partagé l’aventure du Yersin, le navire océanographique de Monaco.

Quelle a été la genèse de ce documentaire sur la première campagne océanographique du Yersin et le voyage mémoriel du prince ?

C’est la continuité d’une série de films et d’émissions que je fais depuis 7 ans pour Ushuaia TV au départ de Monaco. Nous avions par exemple suivi l’aventure du VBB3, sur le lac salé, avec “Génération Electrique : le Bolide du futur” et réalisé un film intitulé Monaco : back to the future, sur l’attirance de la Principauté pour les engins du futur. Cette fois-ci, le documentaire porte sur le côté sentinelle que peut représenter la Principauté pour la préservation des océans.

Concrètement, comment le tournage s’est-il passé ?

Parfaitement bien car le prince Albert II a accepté la coincarnation. Il a joué le jeu, partagé ses découvertes en direct, sa grande compréhension des enjeux scientifiques et environnementaux, à côté d’une journaliste qui était là pour décrypter les choses pour le grand public. Cela s’est passé à l’image du souverain, avec beaucoup de curiosité, de gentillesse, d’élégance. On a quelque chose en commun : cette écologie à hauteur d’hommes.

C’est la première fois que vous tournez avec un chef d’Etat ?

De manière aussi coincarnée oui ! C’est d’ailleurs la première fois qu’une enquête d’Ushuaia TV est coincarnée. Lors de la dernière enquête Ushuaia TV tournée en Colombie sur les conséquences de l’accord de paix, on avait eu la chance d’être reçu très longuement par le président Dos Santos. Mais c’est différent. Là, on vit les choses ensemble, en direct.

Des anecdotes vous ont marqué ?

La possibilité de pouvoir séjourner une nuit, en tant que naufragé volontaire sur l’île Branco, ce fut un grand moment ! C’est un îlot inhabité, qui fait rêver. Le prince nous disait que c’était l’île mystérieuse (sourire)… De plus, nous étions un peu là par effraction : les hommes ne sont pas tolérés habituellement, sauf quand ils sont scientifiques. Etre au contact de l’océan, c’est exaltant. Cela nous rappelle que nous sommes de simples humains face à la nature.

Le tour du monde du Yersin dure trois ans. Vous allez poursuivre l’aventure ?

On rejoindra d’autres escales. J’ai très envie de retourner en Colombie et de voir le sanctuaire marin de Malpelo… L’ambition des Explorations de Monaco, qui est de réconcilier l’humanité avec la mer, me parle forcément.

Le message principal de ce documentaire est qu’il faut étendre les aires marines protégées pour préserver la biodiversité ?

C’est effectivement le principal cheval de bataille. Les scientifiques préconisent 30 % d’aires marines protégées. Nous en sommes à peine à 3 % ! Pour autant, au-delà de ça, ce qui m’intéressait était de montrer qu’il faut trouver des compromis avec la survie de pêcheurs artisanaux. Les explorations portent en elles l’ADN de la médiation. Nous, en tant que journalistes, nous donnons également la parole aux sans-voix.

Lors de votre tournage, avez-vous senti l’aura de chef d’Etat écolo du prince Albert ?

Cette stature, on peut difficilement la contester aujourd’hui. Il est très attendu partout. A Malte, au sommet Our Ocean, auquel nous avons assisté, il était la star, réellement. Ce qui serait génial, c’est qu’il puisse voir les gens simplement mais là, il faudrait revoir tout le protocole (rires)…

_Propos recueillis par Milena Radoman

écrit par Milena